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Spiritualité & société

Quand on ne croit plus comme avant : peut-on être spirituel sans religion ?

Que reste-t-il lorsque l’on ne parvient plus à croire au Dieu qu’on nous a enseigné, mais que l’on continue malgré tout à sentir qu’il existe quelque chose de plus grand que nous ?
Il existe une période dont on parle finalement assez peu.
Celle où l’on commence à remettre sa religion en question.
Pas forcément parce que l’on déteste Dieu.
Pas parce que l’on veut provoquer.
Pas parce que l’on souhaite devenir athée.
Mais simplement parce que certaines réponses que l’on acceptait autrefois ne nous suffisent plus.
On commence à lire.
À écouter.
À rechercher l’histoire des religions.
À comparer différents points de vue.
À relire certains textes sacrés avec un regard adulte plutôt qu’avec celui de l’enfant à qui l’on avait simplement dit :
« C’est la vérité. Il ne faut pas poser trop de questions. »
Et progressivement, quelque chose change.
Les certitudes deviennent des questions.
Puis les questions deviennent parfois si nombreuses que l’ancienne manière de croire devient impossible.
Pourtant, au fond de nous, une autre conviction peut rester :
« Je ne pense pas que tout cela existe par hasard. Il y a quelque chose. Une force. Une intelligence. Une origine. Je ne sais pas exactement comment l’appeler, mais je sens qu’il existe quelque chose qui me dépasse. »
Que fait-on alors ?
Peut-on croire en une force supérieure sans appartenir à une religion ?
Peut-on arrêter de prier sans avoir abandonné toute spiritualité ?
Et surtout : faut-il avoir peur lorsque notre manière de croire change ?

Quand on ne croit plus comme avant : peut-on être spirituel sans religion ?

Quand la foi héritée devient une foi interrogée

Dans beaucoup de familles africaines, la religion n’est pas véritablement « choisie » au départ.

Elle est transmise.

On naît dans une famille chrétienne.

Musulmane.

Ou appartenant à une autre tradition.

On apprend les prières avant même d’être suffisamment grand pour comprendre exactement ce qu’elles signifient.

On va à l’église ou à la mosquée.

On nous explique ce qui est bien.

Ce qui est mal.

Ce que Dieu attend.

Ce qui pourrait arriver si nous désobéissons.

Et pendant longtemps, nous croyons simplement parce que les adultes autour de nous croient.

Ce fonctionnement n’est d’ailleurs pas exclusivement africain. Il existe partout dans le monde.

Mais en Afrique, l’histoire coloniale, les missions religieuses, les traditions précoloniales et les religions actuelles rendent la question particulièrement complexe.

Il est important de rappeler que le christianisme et l’islam étaient déjà présents dans certaines régions d’Afrique bien avant la colonisation européenne moderne. Le christianisme possède notamment une histoire très ancienne en Égypte et en Éthiopie, tandis que l’islam s’est diffusé sur le continent plusieurs siècles avant la colonisation du XIXᵉ siècle.

En revanche, il est également vrai que, dans de nombreuses régions, les missions chrétiennes ont accompagné ou participé aux systèmes coloniaux et que certaines traditions locales ont été combattues, dévalorisées ou qualifiées de païennes.

L’histoire est donc plus complexe que :

« Toute religion africaine a été apportée par les colons. »

Mais elle est également plus complexe que :

« La colonisation n’a rien eu à voir avec la manière dont certaines religions se sont imposées. »

Les deux simplifications empêchent de comprendre réellement ce qui s’est passé.


Que se passe-t-il lorsque l’on commence à lire autrement ?

Lorsqu’une personne commence à étudier elle-même un texte religieux, elle peut être surprise.

Certains passages peuvent lui apporter beaucoup de réconfort.

D’autres peuvent la déranger profondément.

Dans la Bible, par exemple, on trouve des récits de guerre, de châtiment, de sacrifices, d’esclavage, de violence et d’obéissance absolue.

Pour certaines personnes, ces textes deviennent difficiles à concilier avec l’image d’un Dieu parfaitement bon et infiniment bienveillant.

La question devient alors :

« Si Dieu est amour, pourquoi certains textes attribuent-ils à Dieu des actes que nous jugerions moralement très graves s’ils étaient commis par un être humain ? »

Certains croyants répondront que ces passages doivent être replacés dans leur contexte historique, que tous les textes ne doivent pas être lus littéralement ou que la compréhension humaine de Dieu évolue au fil des écrits.

D’autres considèrent au contraire que les récits doivent être acceptés comme l’expression de la volonté divine.

Et d’autres lecteurs concluent simplement :

« Je ne peux plus croire que cette description corresponde à ce que j’imagine être Dieu. »

Ce désaccord existe depuis très longtemps.

Le simple fait de poser la question ne signifie donc pas que l’on est ignorant, rebelle ou immoral.


Pourquoi Dieu aurait-il besoin d’être adoré ?

C’est l’une des questions qui revient souvent lorsque l’on déconstruit une religion.

Si Dieu est tout-puissant…

s’il sait déjà qui il est…

s’il n’a besoin de rien…

pourquoi aurait-il besoin que les êtres humains lui répètent constamment :

« Tu es grand. »

« Tu es puissant. »

« Je t’adore. »

« Je me soumets à toi. »

Et pourquoi le refus de le faire devrait-il entraîner une punition ?

Pour certains croyants, l’adoration n’existe pas parce que Dieu aurait besoin d’être rassuré sur sa puissance.

Ils considèrent plutôt qu’elle transforme celui qui prie : elle permettrait de reconnaître quelque chose de plus grand que soi, de cultiver l’humilité ou d’entrer dans une relation avec Dieu.

Pour quelqu’un qui ne partage plus cette interprétation, cependant, certaines pratiques peuvent commencer à ressembler davantage à une obligation qu’à une relation.

Et une question devient alors légitime :

Une relation avec une force supérieure doit-elle nécessairement ressembler à la relation décrite par une religion particulière ?


Pourquoi faudrait-il demander à Dieu ce qu’il sait déjà ?

Une autre question apparaît souvent autour de la prière.

Si Dieu sait tout…

il connaît déjà notre douleur.

Notre besoin.

Notre peur.

Notre désir.

Alors pourquoi demander ?

Et surtout :

pourquoi faudrait-il demander pendant des semaines, des mois ou des années ?

Une mère qui voit son enfant souffrir et qui possède le pouvoir de l’aider n’attendrait généralement pas que l’enfant passe plusieurs années à la supplier avant d’intervenir.

Cette comparaison peut conduire certaines personnes à se demander :

« Pourquoi une bonté divine fonctionnerait-elle d’une manière que nous considérerions comme cruelle chez un être humain ? »

Les religions apportent différentes réponses.

Certains croyants expliquent que la prière ne sert pas à informer Dieu, mais à transformer intérieurement celui qui prie.

D’autres parlent du libre arbitre.

D’un temps divin différent du temps humain.

De l’apprentissage.

Des épreuves.

D’un plan que l’être humain ne peut pas comprendre.

Ces réponses peuvent satisfaire certains.

Et ne plus satisfaire du tout d’autres personnes.

C’est précisément là que commence parfois la déconstruction.


« Dieu te fait traverser cette épreuve pour te rendre plus fort »

Cette phrase peut énormément réconforter certaines personnes.

Pour d’autres, elle pose un problème.

Car elle entraîne immédiatement une autre question :

pourquoi un être tout-puissant aurait-il besoin de faire souffrir quelqu’un pour lui apprendre quelque chose ?

Un parent bienveillant peut apprendre la prudence à son enfant sans provoquer volontairement un accident.

Alors pourquoi Dieu aurait-il nécessairement besoin de la souffrance ?

Il existe évidemment des souffrances dont nous pouvons tirer des enseignements.

Mais tirer quelque chose d’une épreuve ne signifie pas nécessairement que cette épreuve nous a été volontairement envoyée.

Cette distinction est importante.

Il est possible de dire :

« Cette expérience m’a transformé. »

sans forcément conclure :

« Une puissance supérieure a volontairement organisé ma douleur pour me donner cette leçon. »


La peur de l’enfer peut-elle être considérée comme de la foi ?

Certaines personnes découvrent, lorsqu’elles commencent à remettre leur religion en question, qu’une grande partie de leur pratique reposait sur la peur.

Peur d’être puni.

Peur de mourir sans avoir demandé pardon.

Peur de l’enfer.

Peur des démons.

Peur de la sorcellerie.

Peur de ne pas suffisamment prier.

Peur qu’un problème arrive parce qu’elles se sont éloignées de Dieu.

Elles se demandent alors :

« Si je n’avais jamais entendu parler de l’enfer, est-ce que je pratiquerais encore cette religion ? »

C’est une question difficile.

Parce qu’une conviction choisie librement n’est pas exactement la même chose qu’un comportement maintenu par la peur d’une punition éternelle.

Cela ne signifie pas que toutes les personnes religieuses pratiquent par peur.

Beaucoup vivent leur religion à travers l’amour, la communauté, l’espérance et une conviction profondément personnelle.

Mais pour certaines personnes, la peur occupe effectivement une place très importante.

Et lorsqu’elles commencent à déconstruire cette peur, toute leur relation à la religion peut changer.


Être religieux ne rend pas automatiquement quelqu’un bon

C’est également une observation qui trouble beaucoup de personnes.

On peut rencontrer quelqu’un qui prie énormément.

Qui connaît parfaitement les versets.

Qui parle constamment de Dieu.

Qui fréquente son lieu de culte chaque semaine.

Et qui, dans sa vie quotidienne, ment, humilie, envie, manipule ou fait volontairement du mal aux autres.

À l’inverse, une personne athée ou non religieuse peut être profondément généreuse, honnête et bienveillante.

Cela montre simplement une chose :

la pratique religieuse et la qualité morale d’une personne ne sont pas exactement la même chose.

Une religion peut encourager des comportements éthiques.

Mais réciter des prières ne transforme pas automatiquement le caractère.

Au bout du compte, notre manière de traiter les autres compte aussi.


Et si Dieu existait sans correspondre exactement aux religions ?

C’est peut-être l’endroit où se retrouvent beaucoup de personnes après une déconstruction.

Elles ne réussissent plus à dire :

« Je crois exactement au Dieu décrit par telle religion. »

Mais elles ne réussissent pas non plus à dire :

« Il n’existe absolument rien. »

Elles regardent l’océan.

Le ciel.

L’univers.

La complexité du vivant.

La conscience humaine.

Et elles ressentent quelque chose.

Une interrogation.

Une présence.

Une impression que la réalité est plus grande que ce qu’elles comprennent.

Elles peuvent alors arriver à une position qui ressemble à :

« Je crois qu’il existe quelque chose qui me dépasse. Mais je ne prétends pas savoir exactement ce que c’est. »

Cette position existe.

Elle n’oblige pas nécessairement à devenir membre d’une nouvelle religion.

Elle peut simplement signifier accepter une part de mystère.


Peut-on être spirituel sans être religieux ?

Oui, selon la définition que l’on donne à la spiritualité.

Une personne peut ressentir une connexion profonde avec la nature.

Méditer.

Réfléchir au sens de la vie.

Cultiver la gratitude.

Croire en une conscience supérieure.

Croire en Dieu sans appartenir à une institution.

Ou simplement accepter qu’elle ne possède pas suffisamment d’informations pour affirmer exactement ce qui existe au-delà du monde visible.

Il n’est pas nécessaire d’avoir immédiatement une nouvelle étiquette.

On n’est pas obligé de passer directement de :

« chrétien »

à

« musulman »

à

« kémite »

à

« athée »

à

une autre identité.

Il est possible pendant quelque temps de simplement dire :

« Je cherche. »


Ne plus savoir est parfois plus honnête que prétendre savoir

Il existe une pression étrange autour des croyances.

Nous avons l’impression qu’il faut absolument avoir une réponse.

Dieu existe-t-il ?

À quoi ressemble-t-il ?

Que se passe-t-il après la mort ?

Existe-t-il un monde spirituel ?

Quel livre dit vrai ?

Quelle religion possède raison ?

Mais peut-être qu’une réponse parfaitement honnête est parfois :

« Je ne sais pas. »

Ce n’est pas une faiblesse intellectuelle.

Nous acceptons déjà cette réponse dans énormément de domaines.

Pourquoi faudrait-il être absolument certain concernant les plus grandes questions de l’existence ?


Et la prière dans tout cela ?

Lorsque quelqu’un ne croit plus au Dieu qu’on lui avait enseigné, la prière peut devenir étrange.

À qui parler ?

Comment parler ?

Pourquoi demander ?

Certaines personnes arrêtent complètement.

D’autres transforment leur manière de prier.

Elles ne récitent plus forcément des prières apprises.

Elles parlent intérieurement.

Méditent.

Expriment simplement :

« S’il existe quelque chose qui m’entend, aide-moi à traverser cela. »

D’autres encore ne demandent rien.

Elles prennent quelques minutes de silence.

Il n’existe aucune preuve permettant d’affirmer qu’une personne qui ne récite pas de prières traditionnelles serait automatiquement abandonnée, punie ou privée de bonnes choses dans sa vie.

Et il n’existe pas non plus de moyen fiable de mesurer si une difficulté arrive parce qu’une personne « n’a pas suffisamment prié ».


La prière n’est pas une garantie de résultat

C’est une réalité parfois difficile à accepter.

Des personnes profondément croyantes prient pendant des années et n’obtiennent pas ce qu’elles demandent.

D’autres personnes qui ne prient jamais obtiennent des choses extraordinaires.

Des croyants tombent malades.

Des non-croyants guérissent.

Des personnes très pieuses connaissent des échecs.

Des personnes sans religion réussissent.

Cela signifie au minimum que la réalité est beaucoup plus complexe que :

« Si je prie suffisamment, j’obtiendrai nécessairement ce que je veux. »

La prière peut apporter du calme, de l’espérance ou un sentiment d’accompagnement.

Mais elle ne fonctionne pas comme une transaction garantie.


« Si tu ne pries pas, tu ne te bats pas »

Cette phrase est particulièrement lourde lorsqu’elle concerne une relation amoureuse ou une difficulté personnelle.

Parce qu’elle peut faire porter à une personne une responsabilité immense.

Une relation échoue ?

« Tu n’as pas suffisamment prié. »

Quelqu’un change ?

« Tu dois te battre spirituellement. »

Une situation continue ?

« Il faut encore jeûner. »

Mais un couple dépend également des décisions de deux êtres humains.

De leur communication.

De leurs sentiments.

De leurs comportements.

De leur compatibilité.

Nous ne pouvons pas savoir qu’une difficulté relationnelle est causée par une force occulte simplement parce que nous ne comprenons pas ce qui s’est passé.

Et demander à quelqu’un de continuer indéfiniment à prier pour empêcher une autre personne d’exercer son propre choix peut également empêcher d’accepter une réalité douloureuse mais humaine.


Et si quelqu’un nous « attaque spirituellement » ?

C’est l’une des peurs les plus profondes dans certains environnements.

« Si je ne prie pas, suis-je sans protection ? »

« Si quelqu’un utilise la sorcellerie contre moi, que va-t-il se passer ? »

« Est-ce que je dois continuer à prier par précaution ? »

Il faut être très prudent ici.

Les croyances liées aux attaques occultes existent dans de nombreuses cultures.

Mais nous ne disposons pas d’une méthode fiable permettant d’établir qu’un problème dans notre vie est provoqué par une attaque surnaturelle.

Cela signifie qu’une personne ne devrait pas vivre en permanence dans la peur de ce que quelqu’un pourrait lui faire invisiblement.

Et surtout, cette peur ne devrait pas empêcher d’examiner les causes concrètes d’un problème.


La peur peut devenir une prison spirituelle

Imaginez vivre avec cette idée :

Si je ne prie pas aujourd’hui, quelque chose peut m’arriver.

Si j’oublie une prière, je suis vulnérable.

Si quelqu’un me déteste, il peut détruire ma vie spirituellement.

Si je doute, Dieu va me punir.

La spiritualité devient alors une surveillance permanente.

Nous ne prions plus parce que nous voulons prier.

Nous prions parce que nous avons peur de ce qui arrivera si nous arrêtons.

À ce moment-là, il peut être utile de se demander :

Est-ce encore de la foi, ou est-ce devenu de l’anxiété ?


On peut quitter une certitude sans devoir immédiatement en choisir une autre

C’est peut-être l’une des choses les plus libératrices pendant une déconstruction.

Vous n’êtes pas obligé de remplacer immédiatement le christianisme par une tradition africaine.

Ou une religion par l’athéisme.

Ou la Bible par un autre livre.

Vous pouvez prendre votre temps.

Étudier.

Lire les croyants.

Lire les critiques.

Lire les historiens.

Lire plusieurs traditions.

Et vous faire progressivement votre propre compréhension.

La déconstruction ne devrait pas simplement remplacer un dogme par un autre.

Sinon, on ne déconstruit rien.

On change seulement de certitude.


Il faut aussi se méfier des vidéos qui « déconstruisent » tout

Il est important d’appliquer le même esprit critique aux personnes qui critiquent la religion qu’aux personnes qui la défendent.

Une vidéo convaincante n’est pas nécessairement historiquement exacte.

Un intervenant charismatique peut simplifier une question complexe.

Certaines affirmations sur « ce que les Africains croyaient avant » généralisent parfois tout un continent comme s’il existait une seule spiritualité africaine.

La déconstruction exige donc davantage de vérification, pas moins.

Ne pas croire automatiquement un pasteur ne signifie pas devoir croire automatiquement la première personne qui critique les pasteurs.


Peut-être que la spiritualité peut devenir une recherche plutôt qu’une obligation

Et si, au lieu de demander :

« Qu’est-ce que je suis obligé de croire ? »

nous demandions :

« Qu’est-ce que je considère sincèrement comme vrai aujourd’hui ? »

Pas ce que notre famille attend.

Pas ce que la peur nous oblige à répéter.

Pas ce que les réseaux sociaux nous disent.

Mais ce que nous pouvons honnêtement défendre après réflexion.

Peut-être que la réponse évoluera encore.

Et ce n’est pas grave.


On peut conserver certaines choses et en abandonner d’autres

Déconstruire une religion n’oblige pas à considérer que tout ce qu’elle nous a donné était mauvais.

On peut conserver :

la compassion,

le pardon,

la gratitude,

la générosité,

la solidarité,

certains enseignements,

certains souvenirs,

certaines pratiques qui nous font du bien.

Et abandonner ce qui ne nous correspond plus.

La quête spirituelle n’a pas nécessairement besoin d’être tout ou rien.


Peut-être que Dieu, s’il existe, n’a pas peur de nos questions

C’est une réflexion intéressante.

Si une force suprême possède réellement créé l’intelligence humaine…

pourquoi nous aurait-elle donné la capacité de réfléchir pour ensuite exiger que nous ne l’utilisions jamais pour questionner ce qu’on nous raconte à son sujet ?

Peut-être que chercher sincèrement est déjà une forme de spiritualité.

Peut-être que dire :

« Je ne sais pas, mais je veux comprendre »

est parfois plus sincère que répéter mécaniquement une conviction qui n’existe plus réellement à l’intérieur de nous.


Il n’est pas nécessaire de vivre dans la peur pendant cette transition

Perdre une ancienne certitude peut être très déstabilisant.

On peut penser :

« Et si je me trompe ? »

« Et si Dieu me punit ? »

« Et si l’enfer existe vraiment ? »

« Et si ma famille a raison ? »

Mais une quête sincère n’a pas besoin d’être vécue dans la panique.

Vous pouvez prendre votre temps.

Vous n’êtes pas obligé de décider aujourd’hui de ce que vous croirez pour le reste de votre vie.


Peut-être que la question n’est plus « Quelle religion est la bonne ? »

Peut-être que les questions deviennent :

Qu’est-ce que je considère réellement comme sacré ?

Quelle manière de vivre me rend plus juste envers les autres ?

Qu’est-ce qui nourrit ma paix plutôt que ma peur ?

Quelles croyances puis-je réellement défendre sans me mentir à moi-même ?

Qu’est-ce que j’ignore encore ?

Et peut-être surtout :

Est-ce que ma spiritualité me rend plus humain ?

Parce qu’au-delà des prières, des étiquettes et des doctrines, notre manière de traiter les autres reste une réalité très concrète.


Croire autrement n’est pas nécessairement ne plus croire

Certaines personnes sortent de cette période en retrouvant leur religion avec une foi différente.

D’autres changent de religion.

Certaines deviennent athées.

Certaines deviennent agnostiques.

Et d’autres restent simplement dans cet espace :

« Je crois qu’il existe quelque chose de plus grand que moi, mais je ne prétends plus savoir exactement ce que c’est. »

Cette position peut être inconfortable.

Mais elle peut aussi être profondément honnête.

Il existe peut-être une force.

Un Dieu.

Une conscience.

Une origine que nous ne savons pas encore comprendre.

Ou peut-être que certaines réponses resteront toujours hors de notre portée.

Nous n’avons pas nécessairement besoin de résoudre aujourd’hui toutes les grandes énigmes de l’univers pour continuer à vivre avec émerveillement, bienveillance et sens.

Peut-être que la spiritualité peut aussi commencer là :

dans la capacité à regarder l’immensité de la mer, du ciel ou de l’existence et à dire simplement :

« Je ne sais pas exactement ce qui est derrière tout cela. Mais je sais que je n’ai pas fini de chercher. »

Et vous, avez-vous déjà traversé une période où vous ne pouviez plus croire comme avant, sans pour autant cesser de croire qu’il existe quelque chose de plus grand que nous ? Peut-on, selon vous, avoir une vie spirituelle sans appartenir à une religion ? Parlons-en dans les commentaires.