Il existe une différence entre aimer quelqu’un et aimer ce que l’on ressent au début avec quelqu’un
Les premiers mois d’une relation peuvent être extrêmement intenses.
Nous pensons souvent à l’autre.
Nous voulons lui plaire.
Nous faisons davantage d’efforts.
Chaque découverte nous intéresse.
Même les petites choses paraissent importantes.
Cette période peut donner l’impression que l’amour doit toujours ressembler à cela.
Mais une relation qui dure ne peut pas rester éternellement une première rencontre.
À un moment donné, la surprise diminue.
L’autre devient une personne connue.
La relation devient plus prévisible.
Et cette évolution n’est pas nécessairement le signe que l’amour disparaît.
Elle peut simplement signifier que la relation entre dans une phase différente.
Pourtant, lorsqu’une personne associe fortement amour et excitation, elle peut interpréter cette tranquillité comme un problème.
Elle ne se dit pas :
« Notre relation évolue. »
Elle pense :
« Je ne ressens plus ce que je ressentais au début, donc quelque chose ne va plus. »
La stabilité peut être confondue avec l’ennui
Être bien avec quelqu’un peut parfois sembler beaucoup moins spectaculaire que tomber amoureux.
Il n’y a plus toujours cette peur de perdre la personne.
Plus besoin de séduire constamment.
On connaît ses habitudes.
On sait probablement ce qu’elle va commander au restaurant, comment elle réagira à certaines situations ou ce qu’elle racontera en rentrant du travail.
Pour certaines personnes, cette familiarité est rassurante.
Pour d’autres, elle devient étouffante.
Elles ont besoin de ressentir régulièrement quelque chose de nouveau pour avoir l’impression que la relation est encore vivante.
Et lorsqu’elles ne trouvent plus cette nouveauté à l’intérieur du couple, elles peuvent commencer à la chercher ailleurs.
Pas nécessairement en trompant immédiatement leur partenaire.
Parfois simplement dans l’imagination :
« Peut-être que je serais plus heureux avec quelqu’un d’autre. »
« Il doit exister une personne avec laquelle je ne m’ennuierai jamais. »
« Ce n’est sûrement pas normal de ne plus ressentir les mêmes papillons. »
La nouveauté devient alors une promesse.
Et la relation actuelle commence à être comparée non pas à une autre relation réelle, mais à l’excitation imaginaire d’une nouvelle histoire.
On commence parfois à chercher ce qui ne va pas
Lorsqu’une personne ressent l’envie de partir mais ne comprend pas vraiment pourquoi, elle peut commencer à chercher des raisons qui rendront cette décision plus logique.
Des choses qui auparavant semblaient insignifiantes deviennent soudain importantes.
Une habitude devient insupportable.
Un défaut que l’on connaissait depuis longtemps devient une preuve d’incompatibilité.
Une dispute devient la confirmation que « ça ne marche plus ».
Le partenaire semble soudain avoir changé.
Il est possible, bien sûr, qu’une relation se détériore réellement.
Mais parfois, le problème n’est pas tant que l’autre est devenu différent.
C’est que le regard porté sur lui a changé.
Lorsque nous voulons inconsciemment nous éloigner, nous pouvons commencer à accumuler intérieurement les arguments qui permettront de justifier cette distance.
Et cette mécanique peut être particulièrement douloureuse pour la personne qui la subit.
Parce qu’elle a parfois l’impression que tout ce qui était accepté hier est utilisé contre elle aujourd’hui.
« Ce n’est plus comme avant »
Cette phrase revient souvent dans les relations longues.
Et elle est vraie.
Ce n’est plus comme avant.
Mais est-ce forcément mauvais ?
Au début, nous connaissions à peine l’autre.
Quelques années plus tard, nous avons peut-être traversé ensemble des difficultés, des projets, des périodes de fatigue, des responsabilités et des changements personnels.
Une relation qui évolue ne peut pas conserver exactement la même forme.
Le problème commence lorsqu’on considère que tout changement d’intensité signifie une disparition de l’amour.
L’amour des débuts peut être très spontané.
L’amour qui dure demande souvent davantage de choix.
Faire attention à l’autre même lorsqu’on est fatigué.
Continuer à créer des moments ensemble.
Parler lorsque quelque chose ne va pas.
Réinventer certaines habitudes.
Préserver la séduction.
Accepter que l’autre soit un être humain réel et non plus la personne presque parfaite que l’on imaginait au début.
Ce type d’amour est parfois moins spectaculaire.
Mais il peut être beaucoup plus profond.
Certaines personnes recherchent constamment le prochain « début »
Une nouvelle rencontre offre quelque chose qu’une relation installée ne peut plus offrir : la découverte totale.
Un nouveau visage.
Une nouvelle personnalité.
De nouvelles conversations.
Une nouvelle manière d’embrasser.
Une personne dont nous ne connaissons encore ni les défauts ni les habitudes difficiles.
Tout paraît possible.
Et lorsque quelqu’un est particulièrement attiré par cette phase, il peut devenir dépendant du renouvellement.
Nouvelle relation.
Nouvelle excitation.
Nouvelle projection.
Puis, lorsque la réalité quotidienne apparaît :
déception.
doute.
ennui.
distance.
rupture.
Et ensuite…
nouvelle rencontre.
Le cycle recommence.
Le problème est qu’aucun partenaire ne pourra rester éternellement nouveau.
Même la personne qui paraît extraordinaire aujourd’hui deviendra un jour familière.
Elle aura des défauts.
Des journées difficiles.
Des habitudes agaçantes.
Des moments où elle sera moins disponible ou moins séduisante.
Et si chaque apparition de cette réalité provoque le besoin de partir, changer de partenaire ne règle pas forcément le problème.
On change simplement le personnage principal du même scénario.
La nouvelle personne semble presque toujours meilleure au début
Comparer une relation de plusieurs années avec une rencontre récente est rarement équitable.
Dans la relation installée, nous connaissons tout.
Les défauts.
Les mauvaises habitudes.
Les disputes passées.
Les déceptions.
Les périodes de fatigue.
Avec une nouvelle personne, nous voyons surtout ce qu’elle choisit de montrer.
Nous découvrons ses qualités avant de connaître ses difficultés.
Elle arrive également sans le poids des anciens conflits.
Elle ne nous rappelle aucune dispute passée.
Elle représente quelque chose de neuf.
Il est donc très facile de penser :
« Avec cette personne, ce serait différent. »
Peut-être.
Mais quelques mois ou quelques années plus tard, elle deviendra elle aussi une personne réelle.
Et la question reviendra.
Est-ce que je sais construire lorsque l’excitation diminue ?
Ou est-ce que je sais seulement recommencer ?
Reconnaître un schéma demande beaucoup d’honnêteté
Lorsque plusieurs relations se terminent de manière similaire, il peut être utile de regarder autre chose que les partenaires.
Pas pour se culpabiliser.
Mais pour se poser une question difficile :
« Quelle est ma part dans ce qui se répète ? »
Si plusieurs personnes différentes finissent soudain par sembler « ne plus correspondre » après une période relativement similaire…
Si l’excitation disparaît toujours au moment où la relation devient sérieuse…
Si l’envie de partir apparaît systématiquement lorsque l’autre devient trop familier…
Si chaque nouvelle personne semble extraordinaire avant de devenir rapidement décevante…
Alors il peut être intéressant de ne plus seulement demander :
« Pourquoi est-ce que je tombe toujours sur les mauvaises personnes ? »
Mais aussi :
« Est-ce que quelque chose dans ma manière de vivre les relations se répète ? »
Cette question n’est pas une condamnation.
C’est peut-être le début d’une prise de conscience.
Chercher des excuses peut protéger l’image que l’on a de soi
Reconnaître :
« J’ai du mal à maintenir une relation lorsque la nouveauté disparaît »
peut être inconfortable.
Il est parfois beaucoup plus facile de penser :
« C’était elle le problème. »
« Il n’était plus comme avant. »
« Nous étions finalement incompatibles. »
« Je mérite quelque chose de mieux. »
Parfois, ces phrases sont parfaitement vraies.
Mais elles peuvent aussi devenir une manière d’éviter de regarder ses propres difficultés.
Car si le problème vient toujours exclusivement de l’autre, il n’y a rien à changer chez soi.
On peut repartir dans une nouvelle relation convaincu que, cette fois, avec la bonne personne, tout sera différent.
Jusqu’au moment où la nouveauté disparaît à nouveau.
Quitter une relation ne signifie évidemment pas que l’on fuit l’engagement
Il faut être très clair sur ce point.
Toutes les relations ne doivent pas être sauvées.
Certaines deviennent incompatibles.
Certaines sont destructrices.
Certaines personnes évoluent dans des directions différentes.
Il existe des trahisons, du manque de respect, de la violence, des projets incompatibles ou simplement des sentiments qui disparaissent réellement.
Partir peut alors être une décision saine.
Le sujet n’est donc pas de dire :
« Toute personne qui quitte une relation est incapable d’aimer. »
Ce serait faux.
Ce qui mérite davantage d’attention, c’est la répétition du même scénario.
Lorsque toutes les relations commencent avec une intensité extraordinaire puis deviennent rapidement « mauvaises » dès que la routine apparaît, il peut être utile d’observer le schéma plutôt que chaque partenaire séparément.
Pour la personne qui est quittée, c’est particulièrement difficile
Être du côté de celui ou celle qui reste peut être extrêmement douloureux.
On cherche ce qu’on a fait.
On repasse les derniers mois dans sa tête.
On se demande :
« Qu’est-ce qui a changé chez moi ? »
« Pourquoi je ne lui suffisais plus ? »
« Qu’est-ce que la prochaine personne aura que je n’avais pas ? »
Et lorsque l’autre recommence rapidement une nouvelle histoire avec énormément d’enthousiasme, la blessure peut être encore plus forte.
On voit cette nouvelle personne recevoir les messages, l’attention et l’excitation qui existaient autrefois dans notre propre relation.
On peut alors penser :
« Voilà. Il fallait simplement quelqu’un de mieux que moi. »
Mais ce n’est pas nécessairement la réalité.
Si une personne fonctionne principalement à travers l’excitation de la nouveauté, la nouvelle relation peut simplement être entrée dans la phase que vous avez vous-même connue autrefois.
Vous comparez alors la fin de votre histoire à leur début.
Ce sont deux moments complètement différents.
Le fait que quelqu’un se soit lassé ne définit pas notre valeur
C’est probablement l’une des choses les plus difficiles à intégrer après avoir été quitté.
Nous transformons souvent la décision de l’autre en jugement sur nous-mêmes.
« Je n’étais pas assez intéressante. »
« Je n’étais plus assez attirante. »
« J’aurais dû faire davantage. »
« J’étais devenue trop prévisible. »
Mais devenir familier pour quelqu’un n’est pas un défaut.
C’est ce qui se produit lorsqu’on partage réellement sa vie avec une personne.
Elle finit par nous connaître.
Nos qualités.
Nos défauts.
Nos habitudes.
Nos jours extraordinaires et nos jours ordinaires.
Aucun être humain ne peut rester une nouveauté permanente.
Si quelqu’un ne sait aimer que lorsqu’il découvre, cela ne signifie pas nécessairement que vous n’étiez plus digne d’être aimé lorsque vous êtes devenu connu.
Il est dangereux de courir constamment après les « papillons »
Les papillons sont agréables.
Mais ils ne constituent pas à eux seuls une relation.
Un couple durable connaît aussi :
les courses,
les factures,
les périodes de travail intense,
la fatigue,
les problèmes familiaux,
les maladies,
les moments où l’un se sent moins bien,
les dimanches où il ne se passe absolument rien.
C’est précisément dans ces moments ordinaires que se révèle une autre forme d’amour.
La capacité à rester présent lorsque tout n’est plus spectaculaire.
À créer de la nouveauté ensemble plutôt que de chercher constamment une nouvelle personne.
À accepter que la sécurité et l’excitation ne produisent pas toujours les mêmes sensations.
Une relation longue a aussi besoin de nouveauté
Reconnaître que la nouveauté diminue naturellement ne signifie pas qu’un couple doit accepter l’ennui total.
Les relations ont besoin d’être entretenues.
Continuer à sortir ensemble.
Créer de nouvelles expériences.
Se surprendre.
Parler de choses nouvelles.
Préserver une intimité.
Voyager lorsque c’est possible.
Changer certaines routines.
Continuer à être curieux de la personne avec laquelle on vit.
Mais il existe une différence entre réintroduire de la nouveauté dans une relation et avoir constamment besoin d’une nouvelle relation pour ressentir quelque chose.
Certaines personnes ont peut-être besoin d’apprendre ce qu’est l’amour après la passion
Il est possible d’avoir vécu plusieurs relations sans jamais réellement avoir appris à construire après les premiers mois.
On maîtrise la séduction.
La découverte.
Les débuts.
Mais pas forcément la suite.
Maintenir une relation dans le temps demande d’autres compétences :
tolérer certaines frustrations,
communiquer,
faire des compromis sans s’effacer,
réparer après un conflit,
accepter les imperfections,
continuer à investir dans la relation lorsque l’émotion spontanée est moins intense.
Cela peut s’apprendre.
Mais seulement lorsqu’une personne accepte d’abord qu’il existe peut-être quelque chose à regarder chez elle.
On ne peut pas faire ce travail à la place de quelqu’un
Pour la personne qui aime quelqu’un fonctionnant de cette manière, il existe une tentation très forte :
essayer de devenir suffisamment intéressante pour qu’il ne se lasse jamais.
Changer.
Faire davantage.
Créer constamment des surprises.
Être moins disponible.
Devenir plus séduisante.
Éviter les disputes.
Tout accepter.
Mais cette course est impossible à gagner.
Parce que personne ne peut rester nouveau éternellement.
Et surtout, ce n’est pas à un partenaire de passer sa vie à produire suffisamment d’excitation pour empêcher l’autre de partir.
Une relation doit pouvoir survivre aux moments ordinaires.
La personne qui part peut aussi souffrir de ce fonctionnement
Il serait trop simple d’en faire le « méchant » de l’histoire.
Certaines personnes qui répètent ce schéma ne comprennent pas elles-mêmes ce qui leur arrive.
À chaque fois, elles sont sincèrement convaincues d’avoir trouvé la bonne personne.
À chaque fois, leurs sentiments du début sont réels.
Et à chaque fois, lorsque ces sensations évoluent, elles pensent sincèrement que l’amour a disparu.
Elles peuvent donc accumuler les relations sans comprendre pourquoi aucune ne leur apporte durablement ce qu’elles recherchent.
Elles aussi peuvent finir par ressentir un vide.
Parce que recommencer procure de l’excitation.
Mais recommencer constamment empêche parfois de découvrir ce qui existe après l’excitation.
À un moment, il faut choisir entre recommencer et construire
Une nouvelle relation est pleine de possibilités.
Une relation longue est pleine d’histoire.
L’une offre la découverte.
L’autre peut offrir quelque chose que les premiers mois ne peuvent pas encore donner :
une connaissance profonde de l’autre,
une confiance construite dans le temps,
des souvenirs communs,
une intimité différente,
le sentiment d’avoir traversé des choses ensemble.
Cela ne signifie pas que toute relation longue est meilleure qu’une nouvelle.
Mais certaines choses ne peuvent tout simplement pas être obtenues sans durée.
Et pour les connaître, il faut parfois accepter de rester suffisamment longtemps pour que l’amour change de forme.
Avant de partir, certaines questions peuvent être utiles
Lorsque l’envie de quitter une relation apparaît simplement parce que « ce n’est plus comme avant », il peut être utile de se demander :
Est-ce que cette relation est réellement mauvaise ou est-elle simplement devenue familière ?
Est-ce que je ne ressens plus rien ou est-ce que je ne ressens plus l’excitation des débuts ?
Est-ce que j’ai parlé honnêtement de ce qui me manque ?
Est-ce que nous avons essayé de recréer de la connexion ?
Est-ce que je retrouve ce même sentiment d’ennui dans toutes mes relations après un certain temps ?
Est-ce que je recherche une nouvelle personne… ou simplement une nouvelle sensation ?
Et surtout :
si je pars aujourd’hui et que je retrouve exactement la même situation dans quelques années avec quelqu’un d’autre, qu’est-ce que cela me dira ?
Pour celui ou celle qui a été quitté : tout n’était peut-être pas à réparer chez vous
Après une rupture, nous pouvons passer énormément de temps à chercher la version de nous-mêmes qui aurait empêché l’autre de partir.
Peut-être qu’il existait réellement des choses à améliorer.
Nous avons tous notre part dans une relation.
Mais il faut également accepter une vérité :
nous ne pouvons pas construire à la place de quelqu’un qui préfère constamment recommencer.
Vous pouvez offrir de la stabilité.
De l’amour.
De la communication.
Des efforts.
Mais vous ne pouvez pas obliger quelqu’un à comprendre la valeur de ce qu’il possède.
Et vous n’avez pas à devenir une nouvelle personne tous les six mois simplement pour rester suffisamment excitant à ses yeux.
Peut-être que le vrai problème n’est pas toujours la personne que l’on quitte
Lorsque plusieurs histoires finissent toujours au même endroit, changer continuellement de partenaire peut donner temporairement l’impression d’avoir résolu le problème.
Mais un schéma que l’on ne regarde jamais finit souvent par nous suivre.
Il voyage avec nous.
Dans la relation suivante.
Puis dans celle d’après.
Jusqu’au jour où l’on accepte enfin de se demander :
« Et si je cessais de chercher uniquement ce qui ne va pas chez les personnes que je quitte pour regarder aussi ce qui se répète en moi ? »
Cette prise de conscience n’oblige pas à rester dans une relation qui ne convient plus.
Elle permet simplement de distinguer deux choses très différentes :
quitter parce que la relation ne nous convient réellement plus
et
quitter parce que nous ne savons pas encore quoi faire lorsque l’amour cesse d’être nouveau.
Parce qu’aimer quelqu’un au début peut être facile.
Apprendre à continuer de l’aimer lorsqu’il n’est plus une nouveauté, c’est peut-être là que commence réellement la construction d’un couple.
Et vous, pensez-vous que certaines personnes confondent la fin de l’excitation des débuts avec la fin de l’amour ? Avez-vous déjà vécu une relation dans laquelle l’autre semblait toujours rechercher quelque chose de nouveau ? Parlons-en dans les commentaires.

